Prime d’activité : les CAF en surchauffe

L’élargissement des conditions d’accès à la prime d’activité décidée en décembre par l’exécutif se traduit par un afflux massif de demandes dans les caisses d’allocation familiales (CAF). 

Les chiffres dévoilés donnent le tournis : 250 000 nouvelles demandes déposées entre le 1er et le 13 janvier – dont 200 000 sont déjà traitées – 1,4 million de simulations d’éligibilité au dispositif réalisées sur le site de la CAF entre le 1er et le 3 janvier. Au total, le seul élargissement de l’assiette de la prestation devrait amener 1,2 million de foyers supplémentaires à entrer dans le dispositif. « Concoctée dans l’urgence, cette mesure (dont les premiers versements arriveront le 5 février) n’a pourtant rien d’automatique, rappelle Cyril Peltriaux, secrétaire national à la Fédération Protection sociale, Travail, Emploi (PSTE). Les bénéficiaires potentiels doivent effectuer leur demande avant la fin du mois pour recevoir la prime d’activité en février – son versement n’étant pas rétroactif. » Dans les CAF, les agents remontent déjà un allongement des délais de traitement, qui devrait atteindre trois jours ouvrés à la fin du mois, auquel s’ajoute une hausse des incivilités dans les accueils.

Des moyens en baisse…

Au-delà du pic d’activité du début janvier, l’allongement des délais est surtout lié à une baisse chronique des effectifs. « Dans l’immédiat, la branche famille a obtenu l’embauche de 185 CDD pour ses plateformes téléphoniques. Mais, formation oblige, ils ne seront pas opérationnels avant février », précise la PSTE, qui jugerait bienvenue une année blanche en matière de réduction d’emplois. En vertu de la trajectoire fixée par la convention d’objectifs et de gestion (COG) 2018-2022, la branche a perdu 250 équivalents temps plein en 2018, et devrait en perdre autant cette année, avant une accentuation en 2020-2022. « La COG a des conséquences directes sur la qualité de service rendu aux allocataires. On peut toujours nous demander de faire mieux avec moins, mais vient le moment où on attaque l’os », estime Cyril Peltriaux. Au total, 2 100 ETP sur les 32 000 que compte la branche famille seront supprimés d’ici à 2022.

Par Anne-Sophie Balle