Laurent Berger

«On ne fait pas 3 milliards d’euros d’économies sans ‘taper’ sur l’indemnisation des chômeurs», dénonce Laurent Berger

Ce vendredi, Nicolas Beytout reçoit Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT

Laurent Berger a pu constater l’échec des négociations entre le patronat et les syndicats concernant l’assurance-chômage. De son côté, le gouvernement promet des décrets pour cet été et affiche un objectif de 3 à 4 milliards d’euros d’économie sur trois ans. Mais où le gouvernement compte-t-il prendre cet argent ? «La ministre du Travail ne nous a pas précisé encore où elle comptait les prendre mais on ne fait pas 3 milliards d’économie sur l’assurance-chômage sans ‘taper’ l’indemnisation des demandeurs d’emplois. Et c’est ce qui m’inquiète».

Il ajoute: «La tentation, c’est de jouer sur la masse et la masse des chômeurs indemnisés, en moyenne, c’est 1020 euros. Et si on veut ‘taper’ sur la masse, on va baisser drastiquement les indemnisations», déplore-t-il. Mais, selon le gouvernement, ce sont les grosses indemnisations qui pourraient être concernées, comme celle des cadres. Laurent Berger affirme: «Aujourd’hui, si vous voulez faire des économies, vous êtes obligé de toucher la structuration de l’indemnisation (…) Sur les hautes rémunération, le problème que cela pose, c’est que vous êtes dans un système contributif (…) Evidemment que les personnes qui sont cadres attendent qu’on leur reverse en fonction de cela ! Il faut voir ce que le gouvernement propose».

«Ma préoccupation, continue-t-il, c’est qu’on ne donne pas le sentiment que certains ou beaucoup de demandeurs d’emploi ne chercheraient pas à trouver un travail. C’est faux. Les gens dont nous parlons pour les basses rémunérations, ce sont des gens qui travaillent quelques jours dans le mois, qui subissent le chômage, qui retravaillent, qui subissent la précarité.»

Depuis quelques jours, un chiffre circule: 1 chômeur sur 5 toucherait plus que ce qu’il avait lorsqu’il avait un emploi. A qui sert ce chiffre ? «Il sert le gouvernement !, assure Laurent Berger. La ministre du Travail l’utilise c’est sûr en disant, même avec une formule qu’elle emploie très bien en disant ‘il n’est pas normal de toucher plus au chômage qu’au travail’. C’est vrai, mais ce n’est pas le cas sauf dans des circonstances particulières (…) Elle est de la responsabilité des entreprises».

Ascoval, Air France… Tous ces sujets montrent que le gouvernement est très souvent impuissant face à des chocs capitalistes ou sociaux. L’Etat doit-il abandonner ses tentatives d’intervenir sur de tels dossiers sociaux ? «Non, je ne crois pas, l’Etat doit continuer d’intervenir», tranche notre invité.

Certains sondeurs évoquent encore la possibilité Laurent Berger pour représenter la gauche… «Cela ne me tente pas, pas du tout, assure-t-il. Mon parcours militant, c’est un parcours associatif et syndical et je m’y tiendrai».

vidéos: 

randomness