Télécoms hors ORANGE

LES TELECOMS... fragilisés par une guerre des prix destructrice de valeurs

LES TELECOMS..

FRAGILISES PAR UNE GUERRE DES PRIX DESTRUCTRICE DE VALEUR, LA CONSOLIDATION DU SECTEUR EST EN MARCHE ET LA DESTRUCTION D'EMPLOI AUSSI !

En Europe, les grands "opérateurs historiques" ont perdu leur monopole à la fin des années 1990, lorsqu'au nom de la concurence, le marché des télécoms européen a été libéralisé. De très nombreux acteurs sont alors apparus pour être plus d'une centaine aujourd'hui en Europe contre seulement quatre aux Etats-Unis et trois en Chine. Depuis 2012, quatre opérateurs cohabitent sur le seul marché.

  • Pour assurer son entrée dans un marché déjà très mature, et prendre rapidement des parts de marché, Free est entré avec un nouveau modèle très agressif sur les prix. Les opérateurs déjà en place, Bouygues, Orange comme SFR, n'ont trouvé d'autre parade que de proposer eux aussi des offres en riposte bâties sur le même modèle. Le marché français s'est depuis enfermé dans une guerre des prix intenable tant il détruit la valeur. Alors que le secteur des télécoms est un secteur d'avenir et en pleine croissance, les revenus des opérateurs européens chutent régulièrement depuis 2008 et compromettent dangereusement les capacités d'investissement pourtant indispensables. Dans le même temps, aux Etats-Unis par exemple, les revenus et les marges des opérateurs continuent de croître, donnant ainsi d'importantes capacités d'investissement à ces opérateurs. Dans ce contexte, une concentration des opérateurs européens est sans aucun doute invitable.
  • Le marché français des télécoms est actuellement en pleine (r)évolution : rachat de SFR et du MVNO Virgin Mobile par Numéricable, lutte pour sa survie en solo ou mise en vente de Bouygues Télécoms attisant l'intérêt d'Orange et de Free, mais aussi conséquences à redouter pour les autres MVNO ainsi que pour les entreprises sous-traitantes, nombreuses dans diverses activités du secteur (relation client, déploiement réseau,...). C'est une recomposition majeure qui se dessine.
  • Au plan sectoriel, la CFDT réclame que les décisions prises par le Gouvernement et les Instances de régulation conduisent à rééquilibrer les effets induits par la guerre des prix que connaît le secteur : la baisse des prix pour les consommateurs est un bénéfice important, vues les difficultés de pouvoir d'achat des français, mais il ne faut pas pour autant sacrifier l'emploi dans le secteur, ni annihiler toute capacité d'investissement des acteurs du secteur.
  • La CFDT est vigilante à ce que les mouvements capitalistiques engagés ou envisageables garantissent que les "nouveaux" acteurs qui en résulteront conservent une capacité d'investissement significative et ne soient pas englués par un surendettement dû au mouvement actuel de concentration.
  • Le secteur du numérique est un gisement de valeur, mais actuellement ce sont les OTT (acteurs over the top), fournisseurs de service Internet comme Google, Facebook, Skype, etc... qui captent l'essentiel de la valeur, alors que les opérateurs télécoms assurent le lourd des investissements. Le modèle est aux limites. Un autre business modèle doit se dessiner.
  • Investir aujourd'hui dans le recherche, initier de nouveaux usages dans le déploiement des réseaux de nouvelle génération ; rechercher des synergies au sein de la Filière du Numérique sont la garantie de pérenniser et développer l'emploi demain. Il est inconcevable que l'innovation dont on fait preuve tous les acteurs du secteur des télécoms se traduise de fait, par une dégradation des conditions de travail et une perte sèche d'emploi.

 

juillet/aout 2014.