Assurance-chômage : Laurent Berger (CFDT) refuse de "sanctionner les demandeurs d’emploi"

"On ne veut pas sanctionner les demandeurs d'emploi, parce que ce ne serait pas juste et que ce n'est pas productif", a indiqué le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, invité de "L'interview éco" mercredi 3 octobre sur franceinfo, dans la perspective des négociations sur la réforme de l'assurance-chômage.

"L'approche qui est la nôtre ne sera pas une approche budgétaire", a-t-il assuré, alors que le gouvernement a réclamé plus de 3 milliards d'euros d'économies en trois ans. "Je crois que cela va être très difficile", prévient le secrétaire général de la CFDT.

Laurent Berger veut "faire en sorte qu'on lutte contre la précarité qui pèse énormément sur l'assurance-chômage, cette utilisation comme une caisse de flexibilité pour les entreprises". Une surtaxation des contrats les plus courts est sur la table. "On pense qu'il faut responsabiliser les entreprises", explique Laurent Berger, qui prône plutôt "une cotisation dégressive de l'assurance-chômage au fur et à mesure que le contrat s'allonge". Il estime que "les entreprises ne peuvent pas considérer qu'elles n'ont pas une responsabilité dans la résorption de la précarité".

"50% des chômeurs indemnisés travaillent"

Interrogé sur les propos d'Emmanuel Macron qui a appelé les chômeurs à accepter les offres d'emploi "même si ce n'est pas exactement ce qu'on veut", afin de "se mettre le pied à l'étrier", Laurent Berger pense que le président de la République "a tort de stigmatiser les demandeurs d'emploi en les montrant comme responsables du chômage. 50% des chômeurs indemnisés par l'Unedic travaillent, ils cumulent une activité salariée avec une allocation chômage. 70% d'entre eux le font pour moins que le smic", souligne le secrétaire général de la CFDT. "Les demandeurs d'emploi n'aspirent qu'à ça, retrouver du travail, pour l'immense majorité d'entre eux", poursuit-il.

Selon lui, les problèmes de recrutement des entreprises peuvent se régler par "la formation et l'accompagnement, une réflexion sur la qualité de l'emploi, les conditions de travail, de rémunération", et par le fait "que les demandeurs d'emploi, pour prendre des risques, aient la certitude qu'il y ait un filet de sécurité qui s'appelle l'assurance-chômage". "Il y a une responsabilité de l'ensemble des acteurs sur la situation du chômage", insiste Laurent Berger.

vidéos: 

randomness