Le 6 janvier 2019 Laurent Berger souhaite que le gouvernement ouvre le dialogue avec toutes les forces de la société

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, est l’invité de « Questions Politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Ali Baddou avec Laurence Peuron (France Inter), Françoise Fressoz (Le Monde) et Jeff Wittenberg (France Télévisions).

La violence durant la crise des Gilets jaunes

Interrogé sur la crise des gilets jaunes et notamment les heurts à l'occasion de l'acte VIII, Laurent Berger condamne toute forme de violence et appelle au respect des institutions républicaines. Il estime qu'il y a "une forme de totalitarisme" dans le mouvement des gilets jaunes, et qu'aujourd'hui on a à faire à un groupe de personnes qui veut renverser la démocratie (et non résoudre des problèmes sociaux). 

"Je suis inquiet et scandalisé par ce qui s’est passé hier, le pays est en train de s’hystériser", dit-il.  Il condamne notamment l'intrusion dans la cour du secrétariat d'Etat aux relations au Parlement rue de Grenelle. 

Laurent Berger, CFDT, au sujet de l'intrusion dans la cour abritant les bureaux de Benjamin Griveaux : "C’est factieux. On a en face de nous des gens qui veulent renverser la démocratie" #QuestionsPolpic.twitter.com/Bk5IkHu1FP

— France Inter (@franceinter) January 6, 2019

Il fait remarquer au passage que "quand les syndicats rassemblent 50 000 personnes en France,  on dit que c’est un échec". 

De l'avis de Laurent Berger, le gouvernement n’a aucun intérêt à jouer l’affrontement stérile, mais selon lui, cette crise est la  

conséquence du processus de gouvernement à l'oeuvre depuis 18 mois.  Pour Laurent Bergé, les électeurs ont l’impression "qu’ils n’en ont pas pour leur argent". Le terreau sur lequel Emmanuel Macron a été élu, c’est le terreau des injustices sociales, e "je ne crois pas que le mal être d’une partie de citoyens en matière de pouvoir d’achat  date de 18 mois, mais depuis 18 mois il n’y a pas les réponses" explique-t-il.

Laurent Berger, CFDT, invité de Questions Politiques : "Je suis inquiet et scandalisé par ce qui s’est passé hier (...) le pays est en train de s’hystériser" #Questionspolpic.twitter.com/1ztDQfIOSw

— France Inter (@franceinter) January 6, 2019

Les manifestants ont-ils raison de crier "Macron démission" ? "Non, ça n’a pas lieu d’être", répond Laurent Berger, car il est élu, et il a 5 ans pour travailler devant lui. Mais "_c’est une tradition dans notre pays, on est monarchiste régicide. On croit que le politique peut tout."Or,selon Laurent Bergé,_ c'est dans les entreprises que beaucoup de questions doivent se régler, dans la concertation avec les syndicats. 

Dialogue social en berne

La crise des gilets jaunes est-elle en train de tuer la parole des syndicats et des corps intermédiaires en France ? Laurent Berger estime qu'en tout cas elle est fortement remise en cause, et qu'il y a lieu pour les syndicats de s'interroger sur leur évolution. 

Laurent Berger, CFDT et la crise des gilets jaunes : "le syndicalisme est mortel, il faut qu'il se réinvente" #QuestionsPolpic.twitter.com/uGEgimS6yg

— France Inter (@franceinter) January 6, 2019

Il fait porter cette situation au gouvernement qui a selon lui "discréditer" la parole des syndicats. Il appelle le gouvernement à ré ouvrir le dialogue avec les forces économiques, sociales et politiques, qui ont des avis différents, sinon, dit-il, "sinon  on va vers cet affrontement qui est dangereux pour notre démocratie". 

Laurent Berger, CFDT : "En face de nous on a un gouvernement qui a voulu se passer des syndicats" #QuestionPolpic.twitter.com/2jrzYWzjLB

— France Inter (@franceinter) January 6, 2019

Depuis le 10 décembre, Laurent Berger dit n'avoir eu aucun contact avec le président de la République, au grand étonnement des journalistes présents sur le plateau de Questions Politiques. 

"C'est bien là le problème, si ce gouvernement considère qu'il aura la réponse tout seul, il se met le doigt dans l’œil" estime Laurent Berger. 

Le secrétaire général de la CFDT considère que le grand débat qui arrive "c'est très bien" à condition de tenir compte de ce que diront les Français. Ce grand débat doit s'organiser, selon lui, autour d'une discussion avec les organisations syndicales patronales et les élus locaux. 

Là nous sommes dans une impasse, on a un mouvement violent dont je condamne les violences et le gouvernement considère qu'il va trouver les solutions tout seul. Ça ne marche pas. 

Étonnement d'Ali Baddou en apprenant que Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT est sans contact avec le président de la République en pleine crise des #Giletsjaunes. "On est dans une impasse" estime Laurent Berger #QuestionsPol [correction sur le nom d'Ali Baddou] pic.twitter.com/tFjklERnD5

— France Inter (@franceinter) January 6, 2019

Ce qui doit sortir du grand débat ? Les mesures à mettre en oeuvre ? Pour Laurent Berger il faut institutionnaliser le dialogue avec les syndicats et les associations, il faudrait faire en sorte que le parlement soit plus novateur. 

"Je continue de réclamer une conférence du pouvoir de vivre. Il est posé les questions du pouvoir d'achat, de fiscalité, de l'accessibilité à un service public, à un certain nombre de droits qui sont créé auxquels on n'a pas accès. Il faut trouver les solutions pour répondre à ces problèmes-là".

Le secrétaire général de la CFDT fait le rapprochement avec Mai-1968 qui s'est terminé "avec des avancées sociales, avec une vraie discussion.   Il faut une vraie discussion avec les corps intermédiaires", affirme Laurent Berger qui tient tout de même à rappeler que 1968 était "un vrai mouvement progressiste y compris de libération de la société. Pour une partie du mouvement des "gilets jaunes", c'est un mouvement réactionnaire, et j'assume mes propos. Donc cela n'a rien à voir".

"La questions salariale va revenir comme un boomerang

Laurent Berger met en garde sur la question des primes défiscalisées que les entreprises ont été amenées à verser à leurs salariés. Il insiste sur la responsabilité sociétale des entreprises, et prévient que la question salariale reviendra bientôt sur la table des mécontentements. 

Laurent Berger, CFDT, rappelle la responsabilité sociétale des entreprises. Il estime que "la question salariale va revenir comme un boomerang" #QuestionsPolpic.twitter.com/n9XMmycoJ0

— France Inter (@franceinter) January 6, 2019

https://twitter\.com/franceinter/status/1081885414473035782

La question fiscale fait partie de la sortie de crise

Laurent Berger ne comprend pas la position du gouvernement sur l'ISF, puisque l'absence de l'ISF n'a résolu aucun problème. Il fait remarquer que même sans ISF les dons aux associations ont fortement baissé. 

Laurent Berger, CFDT, au sujet de la question fiscale: il ne comprend pas le refus du gouvernement de rétablir l'ISF : "la question fiscale c'est le nerf de la guerre" (...)" #QuestionsPolpic.twitter.com/B792o6xElB

— France Inter (@franceinter) January 6, 2019

Laurent Berger, CFDT, au sujet de la fiscalité et de l'ISF. Il estime que la théorie du ruissellement ne marche pas et qu' il y a une demande de justice fiscale beaucoup plus forte : "une partie de la sortie de crise des gilets jaunes passe par là,c'est sûr" #QuestionsPolpic.twitter.com/druFFpSE94

— France Inter (@franceinter) January 6, 2019

L'enjeu écologique est majeur, et passe aussi par la fiscalité

Laurent Berger se dit inquiet du peu d'adhésion des Français au principe même de l'impôts, alors que c'est par là que ce se font les choix collectifs et sociétaux. Il lui semble que l'enjeu écologique est majeur par rapport à tout le reste et rappelle que 2 millions de personnes ont voté la pétition #laffairedusiècle pour inciter le gouvernement à respecter ses engagements en matière d'environnement.  

Ce qui m’attriste c’est le sentiment que la question climatique n’est plus un sujet

Donc non seulement la fiscalité est une clé essentielle de la sortie de crise, mais il y a un chantier important sur la fiscalité écologique,  et soucieuses des inégalités sociales. Laurent Berger cite le cas de la Californie qui consacre la moitié des recettes de fiscalité environnementale à l'accompagnement des plus pauvres vers une  transition écologique. 

Laurent Berger, CFDT, défend la fiscalité écologique :" Le défi écologique est le défi majeur de notre société" #QuestionsPolpic.twitter.com/7P26aBLCbv

— France Inter (@franceinter) January 6, 2019

Les retraites, le chômage, chantiers à venir

Laurent Berger défend l'idée de rendre le système de retraites moins injuste, avec moins d'inégalités de traitement, et un minimum retraite au niveau du SMIC.  Sur le chômage il se dit " très choqué qu’on baisse les moyens de Pôle Emploi, alors qu'il faut redoubler d’efforts pour accompagner les demandeurs d'emplois". Il estime qu'il faut par ailleurs sensibiliser les entreprises sur les contrats courts, e tprévoit de les pénaliser quand elles en abusent.
 

Laurent Berger veut faire du progrès social sur la question des retraites :"il faut une retraite minimum à 100% du SMIC" #QuestionsPolpic.twitter.com/YxFVXcYpik

— France Inter (@franceinter) January 6, 2019

https://www.franceinter.fr/emissions/questions-politiques/questions-politiques-06-janvier-2019

 

randomness