Le lien RSI France n°30- mars 2010
Les discours et les actes
Les salariés de France Télécom auraient pu se satisfaire du discours social et managérial de Stéphane Richard, tant il diffère de l’approche régissant l’entreprise depuis 5 ans. Son message se veut en rupture avec la gestion héritée de Thierry Breton et prolongée par Didier Lombard et ses collaborateurs.
Comment ne pas partager l’ambition du grand projet FTTH de développement du très haut débit ? La Cfdt se réjouit de la relance de ce projet. La clarification du paysage réglementaire sur la fibre avec un partage relativement juste du coût de l’investissement y a largement contribué.
Cependant, la crise sociale que traverse notre entreprise impose d’intégrer impérativement le facteur humain dans la politique industrielle.
Les orientations stratégiques sont des questions centrales qui engagent l’avenir de l’entreprise et de ses salariés, ses enjeux dépassant très largement le seul champ de la compétition économique et du prix payé par le client.
Au sujet du bien être des salariés, la délégation Cfdt s’interroge par exemple sur la manière dont sont traités les dossiers Plan Schéma Directeur de l’Immobilier (PSDI). Bien que ces dossiers impactent les conditions de travail, rien n’y fait, les soit-disantes contraintes économiques sont imposées à tous.
La Cfdt constate une fois de plus que la gestion de ce type de dossier n’est pas conforme à l’esprit des négociations nationales puisque les IRP doivent être consultées en amont sur la pertinence économique des choix imposés par l’entreprise.
Cette politique consiste à laisser faire sans réagir. Ce n’est pas loyal envers les Instances Représentatives du Personnel (IRP).
Cette conception du nouveau contrat social ne semble rien changer aux pratiques managériales.
Comme toujours, l’entreprise attend que les projets soient suffisamment avancés pour mettre les salariés devant le fait accompli et interdire, ainsi, tout projet alternatif prenant en compte leur bien être.
La division et la dilution des responsabilités sont des moyens faciles d’imposer toujours plus de contraintes aux salariés. La Cfdt refuse cette fatalité, l’immobilisme ne peut servir de politique sociale. Les salariés attendent un autre sens des responsabilités de la part de leur hiérarchie.
Notre organisation a toujours su prendre ses responsabilités avec le souci d’un bon fonctionnement du dialogue social dans notre entreprise.
La Cfdt est convaincue que la transformation sociale en cours doit passer aussi, par le renforcement du dialogue et le respect des partenaires sociaux qui s'engagent réellement.
Découvrez dans ce numéro des informations sur la DESI, DTF ROSI SCE, FTTH: reprise de l'activité, ASC...
